Blue Night Jungle, un label comme on les aime

Blue Night Jungle, un label comme on les aime

On va commencer par une petite présentation, qui es-tu et qu’est-ce que Blue Night Jungle ?

Je suis le président de l’association Blue Night Jungle, directeur artistique de la section Spirit du label et aussi artiste, j’ai deux noms de scène Timor Salamanca et Amar du Désert.

L’association Blue Night Jungle a été créée l’année dernière. Le label est divisé en trois sous-labels parce qu’on essaie de porter une dynamique d’éclectisme. Chaque sous-label est vraiment autonome par rapport à la structure générale ce qui nous permet de développer beaucoup plus de champs musicaux. 

La première partie s’appelle Blue Night Jungle Dance, plutôt orientée sur des musiques club Techno, Acid et un peu House. Il y a aussi la partie Blue Night Jungle Expérience avec laquelle nous avons sorti notre premier vinyle, au sein de laquelle nous donnons carte blanche à un ou plusieurs artistes qui produisent ce qu’ils veulent. Et la dernière partie, celle dont je m’occupe principalement, s’appelle Blue Night Jungle Spirit, qui est très focalisée sur tout ce qui est musiques orientales, arabes en particulier. Donc moi je m’occupe de tout ça, de le développer et de mettre en avant les artistes que l’on propose.

La création du label est assez récente, tu pourrais nous en parler un peu ?

Le label s’est créé il y a environ un an, c’est un projet qui nous tenait à coeur, ça faisait longtemps que l’on voulait monter quelque chose. On l’avait déjà plus ou moins fait avant avec un autre label qui s’appelait Baldwin Records. C’est une idée qui a mûri très longtemps et qui s’est concrétisée en novembre 2016.

Aujourd’hui on est 6 à travailler sur le pôle label et pour la partie événementielle nous sommes environ 15 personnes. On fait intervenir beaucoup de personnes de ce milieu qui sont des amis très proches. Être nombreux permet de collecter beaucoup d’idées, faire des événements qu’on aurait pas forcément pu prévoir ou des choses auxquelles on aurait pas pensé. Au Loupika par exemple, on organise une vente de vinyle ou l’on s’associe avec des disquaires comme The Sound of Music. C’est des choses que l’on aurait pas forcément eu l’idée de faire.

Vous avez sorti un premier skeud rapidement après la création, le BNJ001

Voilà ça nous à pris environ un an pour arriver à le sortir puisqu’il est sorti début septembre. On a  lancé un KissKissBankBank et réussi à récolter juste assez d’argent pour presser le vinyle à 300 exemplaires en white label. Ca a très bien marché, il y a plein de gens qui nous supportent et ça a permis de les impliquer.

L’EP est sortit sur la section expérience du label. On a écouté Kabaka que Modolo a rencontré et on a beaucoup aimé son univers, il est très spécialisé sur les édits de musiques africaines, avec une patte house LoFi très sensible. On ne savait pas trop ou le caler on trouvait que ça n’allait pas très bien dans la partie Dance donc nous lui avons laissé une carte blanche pour quatre morceaux.

Des projets pour la suite ?

Oui nous avons pas mal de choses. Déjà on a pas mal de disques qui vont sortir, le deuxième en décembre sur la partie Dance, ce sera un EP de DudMode, deux morceaux qu’ils ont produits seuls et deux morceaux en coproduction avec Jibis de Tapage Nocturne et Vardae qui gère le label Allegorythme records. C’est un EP plus Techno / Acid, assez mental, assez rave qui est vraiment très cool. On a aussi deux autres disques qui sont prêts et qu’il ne nous manque plus qu’à masteriser. Le premier de la section Spirit, un various avec un groupe lyonnais qui s’appelle Ayma, un live band de musique orientale vraiment super et un autre artiste qui vient de hollande qui s’appelle MPS Pilot qui signe avec le nom Matrub qui fait de la musique arabe très dansante qui reprend beaucoup de codes de la musique électronique.

On a aussi encore un autre disque qui va sortir sur Dance avec deux producteurs qui s’appellent Layup et DimDJ qui ont produit une très bonne techno dans un style breaké, très aérien. 

On aime beaucoup le principe de collaboration, on est en train de monter un studio avec une partie analogique, des instruments arabes un peu traditionnels et d’autres choses que l’on met à disposition des artistes. Notre gros défi serait de trouver un lieu pour pouvoir organiser ce genre de collaborations. Pour l’instant, mais rien n’est encore fait, nous avons peut-être trouvé un endroit éphémère. Cette démarche nous la considérons comme vraiment importante, de s’inscrire dans une dynamique un peu plus large. On a tous à coeur de s’inscrire dans une démarche un peu sociale et politique. A terme on voudrait travailler avec des organismes plus institutionnels comme le labo Tuba à Lyon qui promeut la ville de demain, la smart city etc… et qui produit beaucoup de réflexions autours de la musique. Ça nous intéresse de travailler sur ce coté de recherche et de mettre en avant des artistes à l’échelle européenne et un peu plus loin avec le proche et le moyen orient. 

Par exemple ce qu’on voudrait faire avec Layup, qui est tchèque il me semble et DimDJ qui est grec, ils font vraiment des choses très similaires mais avec des grains bien à eux et c’est tellement intéressant de pouvoir les confronter et d’avoir un objet assez unique après. On leur donne une face chacun, ils ont 15 minutes et ils nous ont envoyé des choses très sympas. Normalement ça devrait sortir en avril. L’idée c’est donner de la contenance, dans une moindre mesure avec ce que l’on peut faire, à un truc qui est juste esthétique, ça reste de la musique, mais même à l’échelle locale essayer de créer des dynamiques intéressantes. On voudrait continuer d’essayer de continuer comme ça à donner une face à deux artistes ou même un vinyle chacun sur un double disque.

Vous organisez aussi une soirée prochainement ?

Oui, ce dimanche au Loupika, on pose 10h de son entre 15h et 1h du matin. On ramène des potes de Lyon Wayatt, Erevan de Urban Art Jungle, Warum, Tushen Raï qui joue des morceaux démentiels, Jibis et Vardae qui sont les producteurs du prochain Ep. Je jouerai en début d’aprèm un b2b avec Modolo.

Ensuite on organise une soirée avec DJ Plant Texture pour la première fois à Lyon au terminal qui sera la deuxième partie de notre mois de décembre. Et en troisième partie nous seront au Petit Salon avec Tapage Nocturne. Ils nous laissent carte blanche sur toute la petite salle et on ramène Levrey, directeur artistique de l’I Boat, qui est un très bon digger.

Pour revenir sur BNJ, la division entre l’activité Label et l’orga de soirées, est-ce que les soirées sont plus là pour promouvoir le nom du label ou est-ce que ça provient d’une velléité d’organiser des événements ?

A la base on était pas du tout pour organiser des soirées, on voulait juste monter un label et se concentrer sur la production musicale et le traitement de phonogramme. Mais au final on a quand même eu l’envie d’organiser des choses, parce que c’est de là qu’on vient. La plupart des artistes du label, comme DudMode par exemple, sont des DJ avant tout, ils ont une culture club, il y en a qui étaient résidents au DV1 pendant assez longtemps. Ils ne sont pas très connus en tant que producteurs mais en tant que DJ ils sont très très bons techniquement et ils ont fait de belles dates. 

Au final c’était assez logique pour nous d’organiser des événements et à terme l’idée serait de développer ça et de créer des atmosphères sympas, que ce soit sur le côté oriental ou Expérience, essayer de promouvoir d’autres formes d’événements en plus des soirées. Mais c’est vrai qu’on adore faire la fête, on est des gros fans de musique Acid et de Techno. Certes on aime beaucoup la musique un peu « intellectuelle » ou organique mais on aime bien quand ça tabasse aussi. C’est par exemple pour ça qu’on fait des trucs avec les gars de Tapage Nocturne parce qu’on peut vraiment exprimer un esprit de la fête que l’on ressent comme un petit peu animal. On aime quand c’est brut. (rires)

Tu as parlé un peu de musique orientale et c’est aussi l’une de tes spécialités musicalement parlant, tout ce qui vient d’Afrique du nord principalement. Qu’est ce que tu penses aujourd’hui de l’émergence de plus en plus présente de ce genre, c’est un style qui a vraiment le vent en poupe ces derniers temps.

C’est vrai que ça prend pas mal d’ampleur et je trouve ça vraiment incroyable que des mecs arrivent à créer quelque chose de vraiment nouveau avec des sons et des instruments qui sont extrêmement traditionnels et qui ne sont pas du tout employés habituellement pour ce genre de musiques. Il  y a plein d’artistes dans des styles de production assez différents, que ce soit de très gros producteurs comme Shadi Khries, les gars d’Acid Arab, Hadi Zeidan qui vraiment créent une musique nouvelle. Ca contraste avec ceux qui font des edits, ce qui est aussi vraiment à la mode et dans une autre dynamique, ils arrivent à complètement transformer des morceaux. Dans les deux cas il y a plein de gens qui font des choses formidables.

Ce qui est vraiment bien c’est qu’ils arrivent à raviver des liens entre deux cultures qui ont toujours existé, ils les unissent dans un processus de fête extrêmement fort. Il ne faut pas trop s’enfermer, cette émergence s’accompagne de beaucoup de réflexions, on a souvent vite fait de parler d’orientalisme, de néo-colonialisme ou d’appropriation culturelle. Je pense qu’il faut faire attention et à trop l’employer on risque de ne pas l’appliquer aux vrais sujets, aux choses qui sapent les fondations de cette scène et de cette culture, c’est contre-productif.

Pour terminer, quelques réflexions sur la scène lyonnaise en ce moment, son expansion si ce n’est explosion ?

C’est clair que ça explose, il y a des gens géniaux, de très bon producteurs, des mecs qui organisent de très très grosses soirées… il y a vraiment de tout, un gros cosme qui s’est créé autour de ça et il y a des gars très doués. S’il faut citer des artistes, après tout dépend de ce qu’on écoute, mais il y a des headliners comme les Pilotwings, Wayatt est aussi très bon, les gars du terminal Stakhan et tout ça qui produisent des très bon trucs. Il y a une dynamique créatrice qui fait vraiment plaisir à voir. C’est une explosion et ça s’intensifie mais ce n’est pas forcément très nouveau il y a des gars qui font ça depuis longtemps. Personnellement ça me fait vraiment plaisir de m’impliquer dans tout ça, c’est un environnement qui est ultra stimulant et les gens sont très cools.


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