Interview du Camion Bazar : "On met en avant le côté chaleureux et humain"

Interview du Camion Bazar : "On met en avant le côté chaleureux et humain"

Quand on était petit, on voyageait en regardant "le bus magique". Depuis c'est le camion Bazar qui a repris les rênes, pour tous les fêtards adeptes d'électro pointue et de festivités oniriques. Ils sont présents lors d'une grande partie des événements majeurs de la scène Parisienne, du Weather Festival aux Otto 10, en passant par les soirées Alter Paname.
On a rencontré Benedetta, l'un des joyeux chauffards en charge du Camion Bazar, et lui avons posé quelques questions.


Vous revenez tout juste du Weather Festival, quelles ont été vos impressions ?

Le Weather a été énorme. Au sens propre et figuré. Énormes moyens, énorme endroit, énormes hangars, énorme Line up. Pour nous, ça a été le Weather de la reconnaissance.
Ils nous ont fait confiance, ils nous ont confié un vrai dancefloor, des bonnes conditions, un vrai accueil, il y a eu un vrai échange eu préalable oú nos besoins ont été écoutés, ce qui nous a permis de bien faire notre boulot. 
On était un peu fiers de notre scène, de notre scéno et du spectacle! Sans parler de certains sets incroyables, d'un public des plus souriants, plein d'amour et de compliments !
Il y a eu un vrai partage, plein les oreilles, les yeux et le coeur. Une réelle harmonie.

Même la sécu qu'on a eu, était surprise. Elle a fini par danser avec nous, nous a incité à filmer pour que "tout le monde voit l'amour que vous donnez!!". C'était incroyable. 

 

Vous offrez un format de fête plutôt inédit à Paris en insistant sur le côté itinérant et détente du camion. Qu’est-ce que vous souhaitez mettre en avant ? 

On met en avant le côté chaleureux et humain. Rien n'est calculé évidemment. Nous, on est juste nous, on fait ce qu'on ressent. On a envie de rigoler, de danser, de parler avec tous ceux qui nous entourent.

Pas de distance djs/collectifs vs public. Même si ô tristesse, on est obligés d'avoir des barrières (à cause de certains trop enthousiastes, qui arrachent la déco et touchent aux platines etc, on essaie de passer outre. On est dépendants les uns des autres. Sans les gens déguisés, souriants, dansants, ça ne marche pas.
Puis on essaie d'avoir le moins de règles possible, pour plus de liberté. Pas de timetable, si un dj d'une autre scène nous rejoint avec quelques disques, tant mieux, la surprise ne peut se créer que comme ça. 

 

Imaginons que vous pouvez garer votre camion n’importe où sur Terre, où organiseriez-vous votre prochaine bringue ? Un road-trip peut-être ?

On l'a déjà mis dans tellement d'endroits parfaits... Châteaux, entrepôts, toits, crayères, bord de rivière, plage, gravière, aéroports..

Ce serait bien sur un radeau, un bateau, en haut d'un arbre, dans une cabane, dans le désert (sans eau), à Disneyland sous acides, au Planétarium  .. Évidemment, au Fusion Festival!! 

 

C’est quoi la meilleure bringue à laquelle vous avez participé ? Elle avait quoi de plus que les autres ?

Impossible de choisir.. Le dernier Weather, le premier Château perché, avec le soleil, les copains, l'after pétanque. Les 2 dernières Alter Paname multi collectifs au 6b, avec le chill montgolfière. L'otto10 "je ne suis pas fatigué mais j'irai pas me coucher", 24h de bonheur, nous on avait refait la façade du camion en guirlandes lumineuses et distribué aux gens les lunettes qui défragmentent la lumière et forment des cœurs. 
Les Nuits Sonores, au soleil, avec un public réceptif et participatif et une équipe d'animateurs au top.  Le premier Weather au Bourget, les 24h inattendues avec Rose et Rosée...
Le point commun de ces fêtes est le long format, la grande amplitude horaire (qui permet de vivre plein d'aventures et d'émotions), les bonnes conditions, le public, bref, une harmonie qui se crée.
Des animations, spectacles, réussis, de la musique, des pédales, des boucles, du saxo, de l'harmonica, de la batterie, du chant, des inventions vinylistiques, c'est vivant, c'est génial, ça improvise, avec une vraie maîtrise, c'est surprenant! On ne s'ennuie pas, on donne tout.

Ce bouillonnement, ça stimule tout le monde, il y a un effort commun, un surpassement, ça innove.

 

Avec la résurgence de la culture électronique à Paris, la fête s’institutionnalise dans la capital, on voit certains clubs jouer sur l'effet de mode pour faire recette. Est-ce que vous pensez que l’herbe est plus verte en banlieue ? Pourquoi ?

Oui, dans le sens qu'il y a plus de place, plus d'espaces, plus de liberté, et des lieux encore inconnus. La fête est libre. À paris il n'y a pas de place, c'est sur bondé, les clubs ont des règles tellement stricts, aucun débordement n'est permis, puis les voisins sont tellement chiants, tellement vieux dedans. Anti-bruit anti-vie. Nous la semaine on a besoin de calme, on comprend, du coup on habite à la campagne :)

 

D’ailleurs quels sont vos sentiments quant à l’évolution des scènes house et techno à Paris, tant au niveau de la fête que de la musique ?

On en est très contents! Ce bouillonnement, ça stimule tout le monde, il y a un effort commun, un surpassement, ça innove.

Dans la fête, on pense enfin aussi aux yeux (quoi de mieux pour accompagner la musique et favoriser le voyage), on pense au confort (les fêtes sont longues, faut des espaces pour se poser, reprendre des forces, parler et partager avec des inconnus, en dehors du dancefloor, le coin chill est essentiel). 

En musique, on crée, on explore, on innove, tellement de choses sont possibles !


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