Contrast Rave Line 3 : Au sommet de l'Acid Techno

Contrast Rave Line 3 : Au sommet de l'Acid Techno

Pour leur 3ème soirée Rave Line, Contrast a vu les choses en grand, très grand, en investissant le Paris Event Center le 10 février de 22h à midi avec un line-up acid des plus exquis...Sans conteste l'une des meilleures soirée techno de ce début d'année, qu'on ne pouvait se permettre de manquer. On vous raconte !

En organisant la soirée dans ce lieu bien connu des festivaliers grâce au Weather Winter, on aurait pu penser que Contrast allait "rentrer dans le rang", tranchant ainsi avec les warehouses et squats délabrés de leurs précédents events, et qu'ils perdraient ainsi un peu de la spontanéité qui faisait tout l'attrait de ces soirées. Pour notre plus grand bonheur, ce ne fut pas du tout le cas. Bien au contraire, cet événement a été l'occasion pour le jeune collectif de démontrer toute l'étendue de leur potentiel, tout en conservant cet esprit si caractéristique, fait d'abandon et d'exigence, de débauche et de respect vis-à-vis du passé glorieux de cette musique.

La soirée de vendredi était donc sur bien des points une version XXL des précédentes Rave Line : la salle gigantesque était équipée d'un système son démentiel, d'un écran phasant et de lumières folles. Un grand bravo une nouvelle fois à Spok et Tekyes pour nous en avoir mis plein les yeux ! Cette orgie visuelle aurait pu sembler too much pour des soirées plus calmes, mais ici elle s'accordait parfaitement avec l'intensité de la musique. De ce côté-là, cette soirée n'avait rien à envier aux grands festivals parisiens tels que Weather ou Peacock, tant la performance scénographique était impressionnante. C'était également un vrai plaisir d'avoir autant d'espace pour danser sans se bousculer (et sans recevoir une pluie de transpi sur la tête), surtout comparé à la foule entassée devant Laurent Garnier dans la même salle quelques mois plus tôt. 

  © Fanny Merieux

© Fanny Merieux

On a cependant relevé quelques imperfections au niveau de l'organisation, par exemple à l'entrée assez fastidieuse, mais surtout au niveau des vestiaires où de nombreux vols ont hélas eu lieu. Malgré ces incidents qui ont dû gâcher la fin de soirée de nombreuses personnes, j'ai trouvé le reste de l'organisation bon dans l'ensemble, et j'ai particulièrement apprécié le chill-out intérieur aux motifs psychédéliques – un havre de paix qui n'en était pas vraiment un, puisque le grand rideau noir laissait transparaître les échos des rugissements de basses provenant de l'autre côté. 

Côté musique, rien à redire, les artistes ont envoyé des sets plus fous les uns que les autres, avec de l'acid à toutes les sauces. En commençant par le warm-up résolument dark techno de la résidente Mtee, ainsi que le live de Minimum Syndicat, aux fulgurances fracassantes de 303, et celui de Jacidorex, annoncé par une belle intro ambient avant de partir vers des contrées acid mentales, hypnotiques et percutantes, avec par moments des traces d'acidcore plus énervé. 

L'un des grands moments de la soirée a été le début du set d'I Hate Models, avec l'incroyable "Back To Earth" d'Yves Deruyter (dont les notes de transmission extraterrestre laissent rapidement la place à une ligne de basse sublime), introduisant avec brio un set spécial Rave, aux allures d'hommage aux années 90, rapide tant au niveau du bpm que des transitions, et oscillant allégrement entre techno indus accélérée et techno trance à l'ancienne, parfois un brin mélancolique – aux mélodies expansives et galactiques, nous offrant ainsi quelques jolis moments de poésie. Un vrai tour de force, en somme, qui prouve que le producteur prodige est également un DJ des plus talentueux.

Comme à l'accoutumée, cette Rave Line a accordé une place de choix à la scène UK de la techno acid, avec pas moins de 4 représentants phares du style que l'on appelle communément London Acid Techno, qui se sont partagés la seconde moitié de la soirée. Chris Liberator et Sterling Moss ont chacun marqué les soirées Contrast où ils ont joué, et leur B2B s'est avéré être en quelque sorte un mélange entre leurs précédents sets Rave Line, en reprenant notamment des moments phares tels que le remix de "Eat Sleep Rave Repeat" (dont le drop aux allures de psytrance a rendu tout le monde fou), ainsi que d'autres classiques de leur label Stay Up Forever qui n'ont pas pris une ride. La recette magique: des kicks effrénés, des lignes de 303 catchy à souhait, des vocaux entêtants qui annoncent des drops implacables. C'est sans doute le style de musique sur lequel je kiffe le plus danser en soirée, autant vous dire que je me suis régalé !

 Chris Liberator B2B Sterling Moss

Chris Liberator B2B Sterling Moss

S'en est suivi le live de The Geezer, un autre membre éminent de Stay Up Forever collective, qui a tout déblayé sur son passage à coups d'explosions acid incontrôlées, portant l'intensité sonore jusqu'à des sommets exaltants, et sans jamais vraiment d'accalmie. Tik Tok, un anglais proche de Chris Liberator et co, a ensuite proposé une vision plus moderne de l'acid techno en closing, s'ouvrant à d'autres sonorités tout en conservant le côté irrévérencieux et fun de cette musique.

En un mot: INCROYABLE ! Alors que la scène des warehouses techno à Paris doit faire face à de nombreux obstacles (dont des annulations de dernière minute à cause de la police ou alors d'une intervention extérieure), Contrast nous rappelle grâce à cette soirée épique toutes les émotions que peuvent nous procurer un événement techno bien calibré : une salle immense, de l'espace pour danser, des lumières merveilleuses, un soundsystem puissant mais surtout des sets absolument dingues...La formule semble simple, mais est pourtant rarement appliquée à un tel niveau. Les raves mythiques des 90's ne sont que de lointains murmures, profitons plutôt de l'effervescence de la scène parisienne actuelle, et soyons heureux qu'elle puisse nous offrir des soirées d'anthologie comme celle-ci.

Pour finir, une playlist (bien fournie) de sons entendus à la Contrast Rave Line 3. Acid Techno !! Un grand merci à Arthur Gautier pour la playlist.

English version:

For their third 'Rave Line' event, young Parisian crew Contrast decided to do things on a much bigger scale than ever before, by bringing a massive acid techno line-up at Paris Event Center, on 10 February from 10 PM to noon...
 
When we learnt that they were to hold this party at such a place (well-known to locals as the location of Weather Winter in December), we could have thought that Contrast would offer something more 'polished' than their previous raves, held in derelict warehouses and squats in the suburbs, thus losing some of the rawness that made those parties such hits amongst Parisian techno fans. It turns out that this was not the case at all: on the contrary, it was the perfect opportunity for the young crew to showcase the full extent of their enormous potential, while staying true to their original ethos – a mix of hedonism and reverence for the glorious heritage of techno music.
 
Friday night's party was thus on many levels a much-larger scale version of previous Rave Line parties : the huge warehouse space was furnished with a thunderous soundsystem, a trippy VJ screen as well as incredible lights and lasers. Many thanks to Spok and Tekyes [the Contrast visual residents] once again for their awesome job ! This visual orgy would probably have been too over-the-top for lesser parties, but in this case the lights were a perfect match for the intensity of the music. Visually and sonically, this rave (I am usually reluctant to use this word, but in this particular case it conveys the crew’s spirit perfectly) more than rivalled established Parisian techno festivals such as Weather and Peacock Society; it was also a pleasure to have so much room to dance, especially compared to the overcrowding during Laurent Garnier's set at Weather Winter in the same place, a couple of months ago.
 
Nevertheless, some imperfections still persisted, for instance at the entrance, where the queue was a bit rough, but mostly at the cloakroom, where many cases of theft took place. Despite those incidents, which definitely ruined the end of the night for some people, I found the rave to be well-organized on the whole, and I especially appreciated the indoor chill-out area, filled with psychedelic art and separated from the rest of the room by a large black curtain – through which the basses still resonated vigourously. 
 
Music-wise, though, it was pretty much perfect, as all the artists delivered amazing sets – travelling through numerous shades of acid techno. Especially of note were the dark techno warm-up set by resident Mtee, a jaw-dropping live set by Minimum Syndicat, as well as Jacidorex, who began his live performance with a beautiful ambient intro before delving headfirst into his own brand of mental and banging "neo-acid" sound, with many hints at his beloved acidcore.
 
One of the party's biggest moments was when I Hate Models started his special rave set in grand fashion with Yves Deruyter "Back To Earth", whose alien-transmission melody quickly made way for a stunning bassline. This classic tune perfectly set the tone for his set – a formidable journey through various types of rave sounds since the 90s, as he played sped-up industrial techno bangers as well as old-school techno trance gems – you know, those everlasting classics with glorious, slightly melancholic melodies. A genuine tour de force overall, which proves that the prodigious producer is also a very talented DJ.
 
As per usual, this Rave Line party devoted a large portion of its line-up to the London Acid Techno sound, with no less than 4 artists on the bill for the latter half of the night. Chris Liberator and Sterling Moss had both played magnificent solo sets at previous Rave Lines, and their B2B set turned out to be a great mix of those, as they included crowd-pleasers such as Sterling Moss's remix of "Eat Sleep Rave Repeat", as well as many other classics from the Stay Up Forever catalogue, which has not aged at all. The formula remains the same: fast-paced kicks, super catchy 303 lines, memorable vocals which introduce stunning drops. This is probably the type of music I love the most at parties, so needless to say I enjoyed the hell out of it !
 
The Geezer, another staple from Stay Up Forever, followed through with a relentless live set, full of deadly acid assaults, and without any respite. Tik Tok, another Englishman close to the crew, closed the night in style with his slightly more modern take on the acid techno sound. 
 
In a word: AMAZING ! Whereas warehouse parties in Paris are currently facing countless obstacles (including last-minute cancellations due to the police or because of a third party), Contrast gave us a meaningful reminder of all the reasons why techno music can provide such powerful emotions to party-goers through such simple elements: a large space, a lot of room to dance, a marvellous lightshow, a powerful soundsystem, but first and foremost amazing sets by all artists... The formula seems simple in theory, yet successful parties on such a scale as last Friday night's remain the exception rather than the rule. The mythical raves from the 90s may almost pale in comparison, but anyway, we should enjoy the renaissance of the Parisian techno scene while it lasts, especially since it can provide us with raves of this magnitude.
 
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Mais qui sont-ils ?!

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