Culture II : La consécration pour Migos ?

Culture II : La consécration pour Migos ?

Presqu’un an jour pour jour après la sortie de Culture, Migos a sorti le deuxième volet du projet. Si le premier opus a définitivement installé les trois rappeurs au sommet de la trap d’Atlanta, les critiques ont été plus mesurées à la sortie du second. Pourtant, le public semble toujours soutenir le groupe et l’album bat des records… Retour sur le plus gros projet hip hop de ce début d’année. 

Annoncé seulement quelques jours avant sa sortie par une simple publication Instagram, Culture II était le projet le plus attendu du rap game US. Après un premier opus plus que réussi qui les a porté en haut des charts, Quavo, Takeoff et Offset reviennent avec un album bien plus fourni (24 tracks !) et une flopée impressionnante de featurings. 21 Savage, Drake, Gucci Mane, Travis Scott, Ty Dollar $ign, Big Sean, Post Malone, Nicki Minaj, Cardi B, 2 Chainz. Rien que ça. 

Plus mixtape qu’album  

Même si certains sons montrent une réelle amélioration du trio, avec une volonté d’expérimenter des terrains inconnus, d’autres ressemblent plus à une version 2.0 de Culture premier du nom. Surtout, l’homogénéité de l’album n’est pas aussi aboutie que sur Culture, et la première partie reste trop fade. Excepté le très bon Narcos et les « Arriba! », les dix premières tracks suivent la ligne directrice du groupe depuis ses débuts : une prod percutante, le petit hook suivi du refrain de Quavo pour commencer, et des ad-libs salés. Rien de nouveau sous le soleil. Pourtant, certains couplets se démarquent, et Takeoff prend complètement son envol sur Too Much Jewelry

Souvent décrit comme le plus sous-cotés des trois, Takeoff plane au dessus de tout le monde avec un flow incroyable sur le feat. Notice Me, avec Post Malone au refrain. Mais les featurings avec Drake et 21 Savage ressemblent plus à du name dropping qu’à une réelle collaboration. Sur BBO (Bad B*tches only), 21 ramène son flegme légendaire sur le beat produit par Quavo, DJ Burel, Buddah Bless et ... Kanye West. Des rumeurs ont d’ailleurs surgi sur le fait que Kanye aurait entièrement dirigé le projet artistiquement. Mais Quavo puis Offset ont formellement démentis

Pourtant, même si on peut regretter un manque de prises de risques, certains titres fonctionnent toujours aussi bien. Les sons comme Supastars, Emoji a Chain, ou Open It Up ré-utilise une sauce déjà bien connue, mais qui continue de prouver sa qualité. 

Mais surtout, la seconde partie de l’album offre une nouvelle perspective de l’oeuvre, avec des sons plus travaillés et des univers plus complets : Too Much Jewelry, le clin d’oeil au classique de Gucci produit par Zaytoven, Made Man et son ambiance presque lounge, ou encore Too Playa et son saxo en featuring avec 2 Chainz. Coup de cœur pour Top Dawn on the Nawf, une virée nostalgique dans le nord d’Atlanta qui est le hometown des Migos. 

Tout ça pour les streams ?

24 pistes, presque deux heures d’écoute... La longueur de l’album est clairement la première chose qui saute aux yeux. Certainement pour faire plaisir aux fans qui attendaient l’album avec impatience ou parce qu’ils ont été incapables de faire une sélection ? En réalité, la taille de l’album est surtout liée à la conquête des streams. Aux Etats-Unis, 1500 écoutes d’un titre sont équivalent à l’achat d’un album. Et leur label Control Quality n’en est pas à sa première tentative puisqu’ils avaient déjà sorti une mixtape XL Control the Streets Vol. 1 dans laquelle on retrouve 30 sons (et 22 fois les Migos). La page Spotify artiste de Migos met également en avant une playlist qui comporte trois fois les sons de l’album… 

Bref : "si t’achètes pas mon disque, c’est pas grave, au moins tu m’écoutes en streaming". Et les résultats sont là. Migos est devenu le premier groupe dans le monde à réaliser le milliard de stream en 20 jours seulement, soit l’équivalent de 50 millions de streams journaliers. Des méthodes certes discutables, mais des résultats bien présent. 

 

Un projet à la hauteur des espérances ? 

D’une manière générale, l’album reste de bonne qualité même si un peu plus d’homogénéité et moins de tracks aurait été appréciables. Contrairement à Culture, qui était raccourci et plus impactant, Migos a privilégié sa fan base et les chiffres de ventes avec un projet extra-large. Chaque titre de l’album n’est pas un classique, mais on retrouve de vraies pépites au milieu de l’heure quarante-huit d’écoute. Et puis les trois compères maîtrisent toujours à la perfection l’art de la trap atlantesque, dominante aujourd’hui dans le rap US et même mondial. 

Si l’attente était déjà grande pour Culture II, notamment après la sortie de la tape de Quavo et Travis Scott, le prochain move des Migos sera plus que jamais analysé. D’abord annoncé en octobre 2017, les fans ont dû attendre le début de l’année 2018 pour écouter le dernier né. Reste à savoir quand le trio remettra le couvert, d’autant qu’ils n’ont pas la réputation de rester éloigner des studios très longtemps. 


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