Interview : Holocène Festival

Interview : Holocène Festival

Le festival Holocène édition 2018 (27 février - 3 mars) tiendra place à Grenoble, programmation ambitieuse et moderne, c’est le pari que les organisateurs veulent tenir. L’édition 2017 ayant été une réussite auprès du public, le festival s’installera une nouvelle fois dans plusieurs salles de la ville.

Nous sommes allés poser quelques questions à Sylvain, directeur-programmateur d'Holocène festival.

Comment t’est venue l’envie de lancer un festival ? Depuis combien de temps avais-tu ce projet en tête ?

J’ai lancé ce festival l’année dernière en 2017, donc on arrive sur la deuxième édition en 2018. On avait fait le constat qu’en France entre les Transmusicales de Rennes et le Printemps de Bourges il n’y avait pas vraiment de gros festival de musiques actuelles, en tout cas il y avait une place à prendre. Et puis nous il se trouve que l’on est de Grenoble qui est la capitale de Alpes et qui est un lieu de passage, où tous les vacanciers d’hiver passent pour aller faire du ski, on est donc dans une zone touristique en hiver. D’où l’idée de poser un festival ici à Grenoble fin-février, début mars. Alors au début on a voulu faire tous les styles de musique possibles et imaginaux, alors que l’année dernière on avait 7 concerts sur 11 jours,  cette année on a rétréci à 4 concerts sur 5 jours


Pour tous ceux qui ne connaissent pas forcément, décris-nous ton rôle en tant que programmateur et directeur de festival.

Je suis directeur parce qu’il faut bien qu’il y ai quelqu’un qui pilote, mais je ne suis pas tout seul c’est toute une équipe. Déjà on est deux structures à travailler dessus, il y a nous, Périscopes et Allo Floride qui est sur Paris. On s’est divisé en ateliers de travail, pour ainsi dire, dont une équipe de programmation. Je supervise de loin la programmation mais il  y a quatre programmateurs qui sont à fond dessus, deux de chez nous (Périscope) et deux de chez Allo Floride.

D’où vient le mot “Holocène”, pourquoi ce choix comme nom de festival ?

C’était pas quelque chose de très calculé. On a eu pleins de noms qui sont passés, certains étaient ridicules d’autres trop sérieux… J’aimais bien le groupe Bon Iver et ils ont une chanson qui s’appelle “Holocene”, et je suis tombé sur ce clip là.

En fait ce clip est tourné un peu en montagne, dans une campagne où il y avait un peu de neige, un peu de vert, un peu de marron et je me suis dit que c’est typiquement l’image que j’ai de Grenoble à cette époque là de l’année. On est à la fin de l’hiver, on est bientôt au printemps, y a déjà la fonte des neiges, y a les montagnes, y a la terre… Et quand j’ai regardé ce que voulait dire “holocène” sur internet, j’ai vu que c’était une ère interglaciaire, et que nous on est dans une ère interglaciaire. Et puis Grenoble est sur une plaque interglaciaire qui est holocène.

Quel a été ton parcours pour en arriver là ?

Il n’y a pas de parcours typique quand t’arrives dans des métiers culturels. Tu vois moi, j’ai fait des études de mathématiques appliquées et d’informatique. Après je sais pas si il y a des études qui mènent à ce que l’on fait, en tout cas les études te permettent de structurer ta pensée, et ça m’aide vachement pour mettre en place mes projets. Après moi ma particularité c’est que j’ai fait de la guitare électrique dès très jeune, dès l’âge de 12 ans. J’ai toujours fait de la musique enfaite. Quand j’étais en primaire je faisais du piano. Au collège je suis rentré dans des groupes, j’ai organisé mon premier concert dans mon petit village. Et puis je suis rentré dans un groupe pro à l’âge de 18 ans, j’ai enregistré mon premier album à 18 ans. Et puis quand je suis arrivé à la fac je me sentais pas bien, je me disais “c’est pas possible je peux pas finir ingénieur informatique !” et puis j’ai arrêté. Je suis parti travailler dans la maison de disque qui avait signé mon groupe, puis je suis revenu chez moi et j’ai monté ma boite avec mon associé, et c’est devenu le Périscope ! Et donc on fait tourner des artistes, on gère des évènements et aujourd’hui on a la chance de créer et de programmer des festivals. En tout cas c’est des métiers de passionnés, moi je ne le vois que comme ça.

Comment se passe la sélection des artistes ? Comment tu effectues tes choix ?

Alors il y a une part de rationnel, et une part purement subjective. Ce que j’appelle rationnel c’est budget, remplissage ect. Si l‘on écoutait que nos envies artistiques, il y aurait peut être un peu moins de monde. On a des impératifs économiques, c’est avec notre argent que l’on fait tout ça, donc il faut quand même qu’il y ai un peu de monde qui vienne. C’est un festival assez ambitieux et qui va grossir dans les années à venir, donc pour toucher un peu de monde il faut qu’on fasse un mix entre “têtes d’affiches” et “groupes coup de coeur”. On ne peut pas faire que du coup de coeur pour l’instant, c’est un  peu trop tôt et on ne peut pas faire que de la tête d’affiche parce que c’est pas non plus ce qu’on veut donner comme image du festival, donc on fait un mix des deux.

On a pu remarquer que la prog du festival était assez diverse, avec des artistes provenants de mouvements musicaux hyper différents, pourquoi cette envie de proposer au public une programmation aussi diverse ?

Alors on fait hip-hop, électro, chanson et métal. On a fait une thématique par soir, pour pas tout mélanger tous les soirs. Tu vois, c’est compliqué de mettre du death métal avec de la chanson, de l’électro et du hip-hop dans la même soirée. Non mais enfaite, cela vient des envies artistiques. On a tous une base d’électro ici (d’où la grosse soirée électro), c’est le style qu’en général les gens de l’équipe maîtrisent le mieux. Après dans les deux structures on a aussi chacun des sensibilités dans la chanson, par exemple, Ben Mazué c’est quelqu’un qu’on adore, et on s’est dit mais là il est en tournée à ce moment là, faisons-le avec Pomme et Caruso. Au moment où l’on a posé les dates du festival, on avait un plateau métal qui passait dans une des salles qu’on voulait faire et le métal ça fait depuis l’année dernière qu’on veut en faire, là c’est l’occasion de faire une première soirée métal. […] On est encore en train de tester des styles, au gré de nos envies et ce qui tourne, et puis les choses vont s’affirmer avec le temps, avec les années qui passent.

Donc vous ne vous êtes pas défini une ligne artiste préconçue ?

Bah c’est des musiques actuelles… Après l’électro ça a bien marché l’année dernière donc on s’est dit qu’on allait le garder. Là on fait une première soirée métal, on va voir comment elle se passe, mais l’idée c’est de refaire du métal les années suivantes. La chanson c’est un style qu’on avait fait l’année dernière, qui touche à certain publics, de partout en France donc on s’est dit “ben faisons le !”. Et puis le hip-hop, on l’a fait aussi l’année dernière avec Georgio et on s’est dit cette année ce serait dommage de plus le refaire, donc on a pris un risque et on a fait un plateau un peu plus “découverte”. On se cherche encore un petit peu, on test, on tente et on est guidé aussi par nos goûts musicaux. Même si ça peut paraître éclectique ou dispersé…


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