La Mamie's Records : le fameux collectif passe au niveau supérieur

La Mamie's Records : le fameux collectif passe au niveau supérieur

Avec une présence de presque une décennie sur la scène parisienne et une notoriété en constante progression, le collectif La Mamie's vient de révéler son label, promouvant un mélange sucré de techno et musiques du monde. Rencontre avec de grands innovants mélomanes qu'on retrouvera samedi à la Plage du Glazart pour la Japan Connexion.

Tout d’abord, parle nous de toi, depuis quand es-tu investi sur la scène électronique parisienne ?

Tout a commencé dans une fameuse maison abandonnée où l’on a fait nos premières fêtes. On y passé nos premiers disques, et on a attrapé le virus. Depuis on déambule entre les disquaires et les endroits propices à cette musique. On a créé notre première structure associative fin 2007, donc on va bientôt souffler notre dixième bougie, attention la bagarre !

On connaît tous bien évidemment La Mamie’s mais c’est toujours sympa d’avoir une petite bribe de rappel, qui êtes-vous ?

Une bande de potes avant tout, issus de rencontres de primaire, de collège, d’école et de teufs. Des DJs et organisateurs d’événements, fédérés autour de l’amour du support vinyle et de la volonté de mettre sur pied des événements libres et accessibles. Des associés maintenant, au sein d’une structure commune : Verveine Production, avec laquelle nous produisons des concerts, deux festivals : Le Macki et le Shi Fu Miz ainsi que notre label Mamie’s Records. Plein de projets pour l’avenir…

Et donc est apparue La Mamie’s Records.

Mamie's Records est en quelques sortes la suite logique de la démarche initiée il y a une dizaine d'années. Chacun de nous ayant sa propre identité et ses propres influences, Mamie's Records nous permet de proposer à notre public des sonorités différentes, que l’on ne pourrait pas forcément jouer en club. Au fur et a mesure des années, on a rencontré des musiciens qui nous ont inspiré et on pense qu’il est temps maintenant de les mettre en valeurs.

Cela fait presque 10 ans que vous êtes présent sur la scène électronique parisienne, dis-nous ce qui a changé en une décennie ?

Nous avons réellement commencé à nous intéresser à la scène électronique et à jouer des platines en 2007/2008 au moment où une « vague » électro-minimale était très présente sur Paris. La plupart de nos rencontres de l’époque venait de ce milieu et écoutait essentiellement ce style musical. Aujourd’hui, des initiatives naissent tous les jours, on voit des beaux labels émerger, des promoteurs de plus en plus jeunes et de plus en plus conscients et respectueux des origines multiples de la musique électronique. Un paquet de mélomanes s’intéresse à nouveau aux machines analogiques et c’est super. En termes de programmation artistique, des lieux de vie, Paris n’a plus rien à envier à Berlin, l’eldorado de nos années post-lycée. Bon, en termes de liberté et de législation il y a encore une marge de progression, mais il y en a pour tous les goûts, quasiment tous les jours ! 

On a vraiment constaté une réelle évolution des habitudes de sortie des parisiens depuis que nous avons nous-même commencé à fréquenter cette scène. Sortir en banlieue n’était pas vraiment attractif il y a une dizaine d’année, maintenant c’est quasiment un gage de qualité et les contraintes souvent effacées dans la tête des teufeurs ! Nous sommes en quelques sortes acteurs de ce changement de mentalités, avec nos initiatives à La Ferme du Bonheur à Nanterre, à Ivry où à Carrières-sur-Seine, mais aujourd’hui nombre de collectifs participent à cette bonne dynamique.

Pourquoi justement avoir attendu aussi longtemps pour fonder un label ?

Car c’est un projet ambitieux, qui nécessite des moyens financiers et humains importants. On prend vraiment au sérieux le projet Mamie’s depuis 3-4 ans, dans le sens ou chacun s’investit à part égale pour faire germer des initiatives différentes. À vrai dire, on s’est beaucoup concentré ces deux dernières années sur le Macki Music Festival et sur le développement de nos bookings, maintenant on est plus structurés dans nos relations de boulot et ça nous permet de lancer le label !

Quels sont, pour toi, les ingrédients d’une bringue parfaite ? 

Quand tu veux, ou tu veux, avec qui tu veux.

On voit sur dans votre descriptif que vous essayez de lier techno et musiques du monde, principe parfaitement respecté avec Kodäma. Est-ce un challenge en plus de dénicher des artistes dans un style aussi pointilleux et passionnant ?

On a particulièrement été touché par la musique de Kodäma et cela nous suffit pour avoir envie de les accompagner. Nous de sommes pas dans une recherche d’esthétique particulière, on sortira la musique qui nous plaira.

Parle nous justement de Kodäma, dont le son Palo Santo nous a vraiment ébloui par son mélange parfait entre electronica breaké et bossa nova.

Kodäma est un duo formé fin 2014 composé de Kiala Ogawa (chanteuse et compositrice d'origine japonaise et congolaise) et de T-time (bassiste et compositeur). Le mot "kodama" signifie principalement "écho" en japonais mais fait également référence aux esprits véhiculés par les arbres, par la forêt. L'univers musical de Kodäma est imprégné par le milieu culturel de sa chanteuse et notamment des souvenirs de son enfance passée dans les campagnes japonaises. Kodäma est la rencontre de sons électroniques et acoustiques sublimé par la voix envoutante de Kiala, qui jongle entre langues anglaise et japonaise. De ce mélange émane spiritualité et musiques expérimentales avec un groove électro néo soul.

Etant jeune, vous avez surement dû commettre des erreurs et apprendre de vos expériences. Un conseil à donner à un nouvel acteur de la scène parisienne ? 

Se lancer ! Mais apprendre et ne pas griller les étapes en gardant en tête de respecter les règles et son public. 

Une anecdote originale ayant eu lieu à l’un de vos événements ?

On a offert un âne à Roger des Près, le directeur artistique de la Ferme, pour son 50ème anniversaire. 


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