Weather Winter 2016: Report

Weather Winter 2016: Report

Samedi dernier se déroulait l'un des événements les plus attendus de la scène électronique parisienne : le Weather Winter. Pour sa troisième édition hivernale, le festival, qui a investi le Paris Event Center puis la péniche Concrete en after, nous a offert de beaux moments musicaux. Entre un set électrifiant de la légende Laurent Garnier, un closing hybride entre live et dj set de Peter Van Hoesen b2b Donato Dozzy, en passant par la révélation du tout jeune Sweely, les rédacteurs de la Bringue reviennent sur les "moins" comme sur les "plus" de ces quelques heures de festivités mémorables. 

L'organisation et la queue à l'entrée

Elisa: Arrivés au Weather vers 1h, on aperçoit une queue n'en finissant plus. Enfin on, pas vraiment car certains ont eu la chance d'avoir les places VIP et donc de passer en priorité. La sécurité fait passer par grands groupes les festivaliers. Ce premier palier atteint, les gens attendent leurs collègues et les passages dans ce "trou" se font réguliers. Ensuite une deuxième queue divisée par trois. Trois agents de sécurité la maintiennent mais le but de celle-ci personne ne l'a compris, ni même les gérants. Peut-être gérer le flux en entassant les gens. Enfin bref. On arrive au contrôle des billets. Ayant une place VIP cela se déroule en cinq minutes top chrono, scan du billet, bracelet et fouille. Fouille plus rapide qu'un éclair, j'accède enfin à l'intérieur.

Même configuration que pour les précédents Weather Winter au Paris Event Center, les deux immenses hangars (hall A et hall B) accueillent près de 15 000 festivaliers, le temps d'une nuit.

Durant la soirée j'observe des points positifs tels que le point d'eau assez fluide, beaucoup de toilettes (et du papier pour une fois !) ainsi que des espaces extérieurs assez agréables pour prendre l'air. En terme de points négatifs, il y a la mauvaise gestion des flux de personnes, mais aussi une foule énorme et compressée que ce soit pour le hall A ou B. Le jeu de lumières est quant à lui extraordinaire (en particulier dans le hall B) et le système son est très satisfaisant, même si la coupure de son en plein set d'Unforeseen Alliance en aura perturbé plus d'un.

Sweely, le jeune prodige

Etienne: Remise en contexte : Josh Wink est en train de tout donner dans le hall A. Bien en contrôle, il délivre une techno grasse et s’amuse avec le public grâce à de grands passages beatless pour retomber sur des sonorités sèches. 

Alors que celui-ci est en train de finir son set, un type avec un bonnet s’agite de l’autre côté de la scène. Je check la timetable et je me rends compte qu’il s’agit de Sweely, poulain de l’écurie La Chinerie et qu’il va nous présenter son live. Je sais que le mec a pas mal fait parler de lui ses derniers temps mais en vérité je ne sais pas trop à quoi m’attendre. 

L’ambiance est mi-figue mi-raisin, on peut sentir que la foule a encore envie de se faire cogner. Le man ne perd donc pas de temps et rentre directement dans le vif du sujet avec des percussions bien précises à la résonance micro. C’est exactement ce qu’il fallait pour que la transition des deux artistes se passe au mieux. Alors que certains lives laissent une certaine place à l’improvisation et l’expérimentation, on a un peu l’impression que Sweely a fait le choix d’un set up complètement « opérationnel », taillé pour faire du dégât. Et effectivement, ça fait mal. La foule ondule, tout le monde est en train de groover sur des rythmes délicieusement posés sur le contretemps. Là où Josh Wink effectue de grands build ups, Sweely préfère des pointes de basses agrémenté de breaks plutôt courts.  

Une heure s’est déjà écoulée, ça passe vite, et notre Garnier national se pointe dans le coin. On pense que son live est fini, le volume descend … pour mieux repartir violemment une dernière fois. La bonne surprise. Tout le monde est aux anges. Je me demande comment Garnier va se débrouiller pour enchaîner sur un set aussi minimal mais bon je ne me fais pas trop de soucis, celui-ci a plus d’une corde à son arc. 

Laurent Garnier, au firmament

Dominique: À 4 heures, le "papa" de la techno française commence son récital devant le public agglutiné. La salle blindée au maximum devient rapidement irrespirable, l'engouement que suscite ce DJ élevé au rang de divinité est en effet assez impressionnant. Je traverse quand même la foule avec difficulté pour aller me placer aux premières loges.

Par rapport à ses sets frénétiques des années 90, Laurent Garnier s'est assagi, mais son mix garde une énergie à toute épreuve, grâce entre autres à des drops redoutables et des bangers indémodables (dont son propre "Cripsy Bacon" qui tabasse toujours autant). En plus de cela, des mélodies splendides teintées de la nostalgie de Détroit comme il les aime tant, avec notamment des classiques de la Motor City remis au goût du jour (Underground Resistance – "Jupiter Jazz", suivi immédiatement d'Inner City – "Good Life"), mais aussi des tracks bien plus récents inspirés par cette ambiance à la fois grandiose et légèrement mélancolique (Mason Rubinstein - "String Theory", avec lequel il a ouvert son set de la plus belle des manières, ou alors Kink – "Chorus"). 

  © Electro News

© Electro News

L'atmosphère onirique est conservée tout au long du set, on se plaît à fermer les yeux et à laisser nos esprits vagabonder au fil des douces mélodies synthétiques, avant de se lâcher complètement lorsque le drop retentit et que l'assaut acid commence. Le public se met à rêver à l'unisson, les bras en l'air, captivé par la beauté des morceaux. Après 3h30 de voyage, Garnier finit sur un track sombre et envoûtant, touchant du doigt le sublime. Il lance un sincère « Merci ! Qu’est ce que c’était bon ! » au micro, on sent qu’il a kiffé au moins autant que nous. Les lumières se rallument déjà, on n'a même pas vu le temps passer mais on est heureux. Bref, un set de festival parfaitement exécuté, sans grande surprise mais taillé sur mesure pour satisfaire nos attentes, et c'est bien pour ça qu'on adore Lolo !

  © Electro News

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Donato Dozzy B2B Peter Van Hoesen

Dominique: Je n'ai assisté qu'à une petite partie du set de Donato Dozzy & Peter Van Hoesen, qui se sont occupés du closing du hall B, mais je dois quand même en dire un mot, étant donné la qualité qui en ressort des vidéos de leur performance. Commençant par les choeurs angéliques de Reflec - "Passage", s'envolant ensuite vers des élans acid tabassant sans pitié et sublimés par les faisceaux de lumières franchement magnifiques, ce set hybride à mi-chemin entre DJ-set et live semblait être un trip à la fois percutant et mental, comme ces deux grands artistes de la techno savent si bien le faire.

  © Jacob Khrist

© Jacob Khrist

L'After Concrete et son B2B surprise

Agathe: C’est indéniable, la Weather, pour ma première édition, m’aura apporté de nombreuses pépites. L’after a été un moment particulièrement agréable. Une mise en orbite sur Pluton.  

Rentrés a l’aube, après un set de Dettmann qui nous a tous emportés, on finit par aller dormir. Puis, vers 12 heures, alors que je me réveille, l’idée de l’after à la Concrète plane toujours dans mon esprit. Mes acolytes adorés capitulent, j’y vais donc seule et déterminée à rentrer, mon billet à la main. 

J’arrive à 13 heures. Les grilles de l'entrée sont fermées, tandis que le vrombissement des caissons se fait entendre... L'excitation d'aller voir ce qui se trame est à son paroxysme. La sécurité, devant tant de motivation, décide avec une extrême gentillesse de me laisser entrer. Et là... Mon Baptême de La Concrète n’aurait pas pu mieux se faire. 

 Dettmann et Garnier © La Bringue

Dettmann et Garnier © La Bringue

Je descends dans l’antre des dB fous. Marcel et Laurent, tels des copains d’école se chahutent, et surtout... Ils enchaînent leurs tracks avec une fluidité déconcertante. D’un morceau de techno qui cogne, avec des oscillations bien calibrées produisant un son ample et percutant, on peut alterner avec des tracks qui ondulent telles des sinusoïdes, avec des émergences de TB303. Donnant une atmosphère plus atypique. On pourrait dire qu'on passe d'un film en noir et blanc à une bande pleine de couleurs irisées, et que ce ballet de couleurs alterne de manière totalement imprévisible, mais le résultat est splendide.

Vers la fin (étirée jusqu’à presque 15 heures, Laurent semble y être pour beaucoup), on sent que les deux DJ s’amusent et se laissent aller. Une track mélangeant trompette et saxophone alto, nous mène encore plus loin dans ce moment de fusion avec le son ! Le staff nous offrira même quelques bouteilles d’eau pour qu'on tienne le choc acoustique.

Ces deux heures avec Dettmann et Garnier m’auront laissé un sentiment de plénitude. Les sons s’enchaînant avec brio, ce B2B était comme un matin de Noël avant l’heure ! Les gens, bien que fatigués, sont tous bon enfant et chaleureux. Nous sommes là pour la même chose : l’amour de la musique.

Verdict?

Cette dernière édition du Weather Winter a donc clairement tenu ses promesses en terme de contenu artistique, entre un Laurent Garnier toujours au sommet de son art, un Sweely qui ne promet que du bon pour la suite et un after Concrete avec un b2b Garnier/Dettmann mémorable. On regrettera tout de même quelques problèmes au niveau de l'organisation générale du festival, notamment en terme de gestion des flux, particulièrement aux entrées et zones de scan, ce qui a pour beaucoup d'entre nous entaché un début de soirée qui semblait pourtant très prometteur. 

Mais comme il y a eu 15 000 spectateurs lors que cette soirée, il y aura donc autant d'avis divergents. Nous avons donc décidé de vous donner la parole sur notre groupe Facebook en vous demandant vos impressions après ce Weather Winter 2016 : 

 Recueil d'avis de bringueurs (sur le groupe La Bringue)

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Pour finir, une petite playlist de sons entendus au Weather Winter:


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